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M. Philippe naquit au Rubathier, commune de Loisieux, canton de Yenne (Savoie), le mercredi 25 avril 1849 à trois heures du matin. On
lui donna les prénoms d'Anthelme, Nizier.
A cette époque, la Savoie était encore italienne, mais les parents de M. Philippe étaient français.
Ils habitaient une toute petite maison au sommet d'une colline, avec une pièce en bas et deux en haut.
Maison natale du Maître à Loisieux (Savoie)
Ils avaient un enclos, quelques champs et des vignes.
Il y avait 300 habitants dans cette commune et parmi eux beaucoup de Philippe.
Lorsqu'elle l'attendait, sa mère fit une visite au curé d'Ars qui lui révéla que son fils serait un être très élevé.
Lorsqu'approcha le moment de la naissance, elle se mit à chanter en tenant à la main une branche de laurier. Il faisait un orage épouvantable; on crut un moment
que le village allait être emporté. Puis on vit une grande étoile très brillante. On revit cette étoile le jour de son baptême qui eut lieu à l'église de
Loisieux, et le curé en fut frappé.
M. Philippe fit sa première communion dans cette même église le 31 mai 1862.
Son père, Joseph, né en 1819, mourut en février 1898; sa mère, Marie Vachod, née en 1823, est morte en décembre
1899. Ils s'étaient mariés en juin 1848.
M. et Mme Joseph Philippe eurent cinq enfants :
M. Philippe, Benoît, Joséßine, Auguste, Clotilde.
Son frère Benoît, né à Lisieux le 20 avril 1855, mourut de la variole le 5 février 1881. Il fut instituteur libre à
Albens (Haute-Savoie). On l'avait surnommé : le saint. M. Philippe a dit de lui à son frère Auguste : " S'il avait vécu, nous aurions fait de belles choses
".
*
* *
A quatorze ans, M. Philippe vint à Lyon. Avant son départ, il avait gravé, au-dessus de la porte de la maison
familiale, une étoile qui subsiste encore.
A Lyon il fut accueilli par son oncle Vachod, boucher, 22 rue d'Austerlitz, à la Croix-Rousse.
Il l'aidait dans son travail tout en faisant ses études à l'Institution Sainte-Barbe, où l'un des Pères s'attacha à
lui et fut reçu plus tard à l'Arbresle.
En dépeçant une bête M. Philippe se coupa les tendons du pouce et de l'index de la main gauche.
De cette blessure subsista une certaine raideur des deux doigts.
M. Vachod était incroyant et M. Philippe disait de lui : " S'il croyait, il serait parfait ". Il vint le voir sur
son lit de mort et, lui mettant un doigt sur le front, il lui dit : " Tu n'as pas cru, vois maintenant ".
Pendant la guerre de 1870, il fut incorporé dans la Légion de marche ", mais il n'y resta pas longtemps, à cause de
sa blessure de la main gauche. Il fut regretté par ses camarades. A cette époque, il avait à Perrache une salle où il recevait des malades.
Ceux-ci, au début de son incorporation, remirent au préfet une pétition pour le réclamer. Le préfet le convoqua et
lui demanda une preuve des pouvoirs qu'on lui attribuait, Un conseiller de préfecture présent à lÌentretien, homme grand et fort, lui dit :
" Je vous défie bien de me faire quelque chose ".
A l'instant même le conseiller tomba évanoui.
M. Philippe donna dans sa jeunesse des séances l17 rue Vendôme, puis 5 rue Masséna, ensuite rue Duquesne. En 1872 il
ouvrit, 4 boulevard du Nord (actuellement boulevard des Belges n° 8), un cabinet dans un appartement qu'il avait depuis 1867. C'était une petite maison d'un
étage, surélevée depuis.
Durant les années 1874-1875, il prit cinq inscriptions d'officier de santé à l'Ecole de Médecine et de Pharmacie de
Lyon. La cinquième est datée du 11 novembre 1875 et parte le n° 9. Sur le registre d'inscription il était domicilié place Croix-Paquet, où il avait une petite
chambre qu'il conserva jusqu'à la fin de sa vie, et où il installait des malheureux.
J'en ai visité plusieurs.
A l'Hôtel-Dieu il fréquenta notamment la salle Saint-Roch où il suivit les cours cliniques du professeur Bénédict
Tessier. Il guérissait souvent des malades et les médecins s'étaient aperçus de ses interventions.
Un jour il avisa un malade qui pleurait dans son lit parce qu'on devait lui couper la jambe le lendemain. Il lui
assura que l'opération ne se ferait pas et lui fit promettre de ne rien dire. Le lendemain le chirurgien, stupéfait, constata que le malade était en voie de
guérison et il demanda ce qui s'était passé. Le malade répondit : " C'est ce petit monsieur brun qui m'a vu ".
Un autre jour il visita trois soldats qui avaient la fièvre typhoïde au dernier degré. On attendait leur mort d'un
moment à l'autre. Le Maître, s'approchant de leur lit, leur dit : " On vous considère comme perdus, ne le croyez pas ; vous guérirez tous les trois. Demain vous
entrerez en convalescence et vous serez envoyés à Longchêne ". L'un des soldats lui dit : " Oh! merci, monsieur; mais vous êtes certain que nous puissions
échapper à notre terrible maladie ? - Ne craignez rien, je vous l'affirme ".
Le lendemain les soldats entraient en convalescence. Ils furent envoyés à Longchêne et ils guérirent tous les trois.
Il est inutile d'exprimer la fureur des médecins lorsqu'ils surent que l'étudiant Philippe avait encore passé par là.
On apprit qu'il était guérisseur et l'interne Albert le fit écarter du service. Il lui lut alors interdit de suivre
les cours, " parce que faisant de la médecine occulte, véritable charlatan ". Il dut écrire au ministre pour avoir ses papiers et son exeat.
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* *
Le Clos Landar à L'Arbresle, maison de Mr Philippe
En 1877, M. Philippe épousa Mlle Jeanne Julie Landar. Née à L'Arbresle le 18 septembre 1859, elle y mourut le 25
décembre 1939. En 1875 Mme Landar avait conduit à M. Philippe, boulevard du Nord, sa fille malade. Il la guérit et elle vint ensuite aux séances. Puis M.
Philippe la demanda à sa mère. Le mariage civil et le mariage religieux furent célébrés à L'Arbresle le 6 octobre. L'acte de mariage indique que M. Philippe
était alors domicilié 7 rue de Créqui, à Lyon.
Mme Philippe et la fille qu'elle eut par la suite furent toujours de santé délicate. M. Philippe leur disait que
leur état de santé permettait à des mères de famille de travailler.
Le 11 novembre 1878 naquit à L'Arbresle sa fille Jeanne Victoire. Charmante créature de rêve, âme cristalline et
toute pure, a-t-on dit d'elle, sa bonté, sa charité étaient extrêmes. Elle faisait preuve d'une sollicitude infinie pour les malheureux. Elle épousa le docteur
Emmanuel Lalande le 2 septembre 1897.
M. Philippe eut aussi un fils, Albert, né le 11 février 1881, qui mourut à l'âge de trois mois de la
variole.
En 1881 il fut appelé par le bey de Tunis, et en reconnaissance des soins qu'il lui donna, il fut nommé le 22
février de la même année officier du Nicham Iftikar.
Le 6 mars 1884 il fut nommé capitaine des Sapeurs-Pompiers de L'Arbresle par décret du ministre de l'Intérieur qui
était alors Waldeck-Rousseau.
Le 23 octobre 1884 lui fut conféré le doctorat en Médecine par l'Université de Cincinnati (Ohio U.S.A.). Il avait
présenté à la Faculté de Médecine de cette ville une thèse intitulée : " Principes d'hygiène à appliquer dans la grossesse, l'accouchement et a durée des couches
" ( 4 pages. Imprimerie Jules Pailhès, 7 rue Lafayette, à Toulouse).
Le 24 décembre 1884, l'Académie Christophe-Colomb à Marseille (Beaux-Arts, Science, Littérature, Industrie) l'admit
comme membre correspondant. Le diplôme qui lui fut délivré porte le n° 395.
Le 28 avril 1885 la ville d'Acri (Italie) lui décerna le titre de Citoyen d'Honneur " pour ses mérites scientifiques
et humanitaires ".
Le 15 janvier 1886 la Croix-Rouge française l'inscrivit sur son Livre d'or (n° 13B) comme Officier
d'Honneur.
Le 20 avril 1886 il fut nommé Membre Protecteur de l'Académie Mont-Réal à Toulouse (Inscription n° 661 f°
N).
Le 12 mai 1886 l'Académie Royale de Rome lui conféra le titre de Docteur en Médecine honoraire.
C'est en 1886 qu'il s'installa 35 rue Tête-d'Or où il donna des séances jusqu'en novembre 1904.
Le 3 novembre 1887 il fut condamné pour exercice illégal de la médecine. En 1890, deuxième condamnation. Enfin
traduit à nouveau deux fois en correctionnelle en 1892, il ne fut plus inquiété à partir de cette date.
En 1893 Hector Durville fonda à Paris une Ecole de Magnétisme avec la collaboration de Papus (Dr Gérard Encausse).
Sur l'insistance de ce dernier, M. Philippe consentit à ouvrir à Lyon une semblable Ecole de Magnétisme en octobre 1895.
Les cours qui avaient lieu généralement le dimanche furent donnés de fin 1895 à courant 1898. Le docteur Lalande
était souvent présent et, quelquefois, le docteur Encausse. Ils faisaient l'un et l'autre des exposés sur la physiologie et l'anatomie.
Ces cours n'avaient qu'un rapport très relatif avec le magnétisme fluidique tel qu'il est compris et appliqué
ordinairement. Ils étaient surtout destinés aux fidèles auditeurs qui désiraient soigner les malades. Le Maître semblait n'attacher qu'une importance secondaire
à la technique habituelle du magnétisme curatif, et notamment aux passes qu'il n'utilisait jamais lui-même. Sans cesse il revenait sur les enseignements donnés
aux séances quotidiennes, en insistant sur l'humilité, la prière et l'amour du prochain, sans lesquels toute tentative de soigner les malades par le magnétisme
resterait inopérante.
Quelques malades y venaient aussi. Ils étaient soignés et guéris, en présence des élèves, de la même façon qu'aux
séances, et le Maître soulignait alors la grande différence existant entre sa manière d'opérer et la pratique du magnétisme. " Pour traiter par le magnétisme
ordinaire, disait-il un jour, il faut être très fort ; au contraire, pour pratiquer notre magnétisme, il faut être très faible, c'est-à-dire charitable et humble
de c™ur, car celui qui serait très petit pourrait dire : Il me plaît que cet enfant soit guéri et il le serait ".
Les cours étaient illustrés par des expériences surprenantes sans rapport avec la suggestion, ainsi qu'en témoignent
les notes de certains élèves. Des sujets, hommes presque exclusivement, servaient à la démonstration des faits. Ces sujets n'étaient pas suggestionnés, car les
ordres étaient donnés par commandement à leur esprit, sans qu'ils puissent les entendre. Leurs visions étaient si nettes qu'ils en gardaient le souvenir au
réveil et souvent même des traces physiques des faits par lesquels ils avaient passé (traces de piqûres de serpent, de morsures, de strangulation, etc.) car ces
expériences étaient réelles, matérielles.
J'ai consacré par ailleurs dans le chapitre relatif à la médecine quelques paragraphes aux paroles essentielles du
Maître sur le magnétisme curatif.
Le 1er août 1901 le Prince de Monténégro lui conféra l'ordre de Danilo Ier (3e classe) " pour des services
exceptionnels rendus au peuple monténégrin et à Nous ". Il est intéressant de souligner que la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur délivra le 2 août 1902,
sous le n° 25905, l'autorisation du port de cette décoration à " M. Philippe Nizier, Médecin en Russie ".
C'est le 8 septembre 1900 que M. Philippe entra en relation avec quelques grands-ducs de Russie par l'intermédiaire
du docteur Encausse. Le comte Mourawieff Amoursky, attaché militaire russe à Paris, présenta M. Philippe au grand-duc Pierre Nicolaiewitch, oncle du tsar Nicolas
Il, à sa femme la grande-duchesse Militza et à la soeur de celle-ci la princesse Anastasie Romanowsky, duchesse de Leuchtenberg (toutes deux filles du roi de
Monténégro).
Puis le grand-duc Wladimir vint rendre visite à M. Philippe à Lyon, et, de retour dans son pays, le fit appeler. M.
Philippe partit le 29 décembre 1900 et resta environ deux mois en Russie. A la suite de ce séjour l'empereur et l'impératrice entendirent tant d'éloges du Maître
qu'ils lui firent savoir par la grande-duchesse Militza qu'ils aimeraient le voir à l'occasion de leur voyage en France. La rencontre eut lieu à Compiègne le 20
septembre 1901. M. Philippe fut présenté à l'empereur et à l'impératrice par la grande-duchesse Militza. Après cet entretien, les souverains demandèrent à M.
Philippe de revenir en Russie, ce qu'il fit quelque temps après. Sa fille et le docteur Lalande l'accompagnèrent. Une maison leur avait été préparée à
Tsarskoie-Selo, où se trouvait une des résidences impériales.
Durant ce séjour, le tsar conçut une très grande admiration pour M. Philippe et lui accorda une confiance absolue,
au point d'en faire son guide pour toutes questions importantes. Il voulait lui donner le diplôme de docteur en médecine, mais ses ministres lui exposèrent que
M. Philippe devait pour cela passer des examens. Un jury fut constitué, qui se réunit au palais impérial. M. Philippe demanda qu'on lui donnât les numéros des
lits de quelques malades en traitement dans un hôpital de Saint-Pétersbourg. Avec cette seule indication il fit séance tenante le diagnostic de chacun des
malades désignés, lequel fut reconnu exact. Et il affirma que dès ce moment tous ces malades étaient guéris.
Les professeurs, membres du jury, purent vérifier à l'hôpital l'exactitude de ce qu'il avait dit et, le 8 novembre
1901, il fut reçu Docteur en Médecine par l'Académie Impériale de Médecine militaire de Saint-Pétersbourg, et inscrit sur le livre des diplômes sous le n°
27.
Les grands-ducs lui firent don d'une Serpollet, grande voiture marchant à la vapeur, que le docteur Lalande
conduisait. Ils lui envoyèrent à Lyon deux lévriers : Outechaï (consolation, distraction) et Ptitza (oiseau). Le tzar lui donna une belle émeraude qu'il
portait.
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En août 1904 sa fille, Mme Victoire Lalande, tomba malade. Son état devint rapidement désespéré.
M. Philippe donna alors un exemple extraordinaire.
Son gendre, sa belle-mère, sa femme, sa fille elle-même demandaient la guérison. M. Philippe répondit : " La volonté
du Ciel est qu'elle s'en aille ; cependant, pour vous prouver que le Ciel peut tout, elle ira mieux pendant deux jours, mais le troisième, elle reviendra à
l'état où elle est en ce moment ").
En effet, elle se leva subitement le samedi et, dans la nuit du lundi, elle retomba, et rendit le dernier soupir le
29 août 1904.
Le lendemain, j'allai à L'Arbresle. M. Philippe vint à ma rencontre en pleurant et me dit : " Quand un soldat tombe,
il faut serrer les rangs ".
De nombreuses personnes assistèrent à l'enterrement. M. Philippe a dit qu'il avait sacrifié sa fille, qu'il s'était
enlevé le droit de la guérir et qu'elle était partie pour aplanir le chemin. " Cette mort, disait-il, m'a crucifié vivant ".
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Longtemps à l'avance, M. Philippe avait préparé ses amis à son départ. A la séance du 18 mars 1901 on lui demanda de
ne jamais s'en aller. Il répondit : " Au contraire, j'espère partir bientôt ; mais je ne resterai pas longtemps, je reviendrai ".
En février 1903 il dit adieu à ses fidèles : " Vous ne me verrez plus je m'en vais où j'ai à faire. On ne me verra ;
pas partir, je m'en vais, mais je vous laisse le Caporal - c'est ainsi qu'il désignait son disciple le plus cher, Jean Chapas-. Vous lui demanderez et il prendra
sur lui de vous accorder des choses que moi-même je vous refuserais, comme à l'école les enfants s'adressent au pion qui leur donne ce que le maître d'école leur
refuserait peut-être.
Vous savez bien que moi aussi je ne vous abandonnerai jamais ".
En effet, après sa mort, son serviteur Jean Chapas a continué les séances rue Tête-d'or et les habitués ont affirmé
que l'atmosphère spirituelle était semblable. Jusqu'à sa mort, le 2 septembre 1932, Jean Chapas a rempli noblement la mission que le Maître lui avait
confiée.
Les derniers temps de sa vie M. Philippe souffrait d’étouffements et de douleurs aiguës au
cœur.
A partir de février 1905 il ne quitta plus sa demeure, le clos Landar à L'Arbresle. Ne pouvant plus s'étendre, il
passait ses nuits dans un fauteuil.
Le matin du mercredi 2 août 1905, Mme Philippe et sa mère, Mme Landar, ainsi que le docteur Lalande étaient auprès
de lui. Mme Philippe s'était absentée quelques instants et, au moment où l'attention du docteur Lalande et de Mme Landar était retenue près de la fenêtre, M.
Philippe se leva de son fauteuil, fit quelques pas dans la chambre, et tomba. Tout était fini.
Voilà ce qui est apparu aux yeux de ceux qui l'approchaient. Cependant le docteur Lalande, qui examinait souvent M.
Philippe, n'a jamais rien trouvé d'anormal dans son état physique. Moi-même, je me suis promené avec lui sur la terrasse de sa maison la veille de sa mort ; il
était tout à fait comme à l'ordinaire. Il est parti quand il a dû partir.
Ses funérailles eurent lieu le 5 août, le matin en l'église de L'Arbresle, l’après-midi en l'église Saint-Paul
à Lyon. Son corps repose au cimetière de Loyasse, à Lyon, dans la sépulture de famille.
Portrait de Mr Philippe
M. Philippe était de taille moyenne, d'aspect fort simple. Il avait des cheveux noirs très fins, portés assez longs.
Ses yeux, de couleur changeante, étaient ordinairement d'un brun assez clair, parsemés de paillettes dorées. Le regard était d'une douceur pénétrante ; vif et
mobile, il se portait souvent plus loin que la personne ou l'objet considéré, et devenait parfois impérieux.
Tantôt son attitude était pensive et grave, tantôt il redressait le buste et la tête, son teint et la couleur de ses
yeux s'éclaircissaient ; il rayonnait.
Il marchait beaucoup sans se hâter. Jamais pressé, il n'était jamais inactif. D'une grande habileté manuelle, il
pouvait faire lui-même ses instruments de laboratoire. Il fumait beaucoup et ne s'accordait que très peu de sommeil.
Dans son activité inlassable il savait prendre le temps de faire une partie le soir en famille, à la brasserie, ou
d'aller au théâtre avec les siens. Il plaisantait parfois avec bonhomie, le plus souvent pour faire naître une pensée élevée.
Il ne montra jamais de préférence pour aucune classe sociale ; d'une exquise politesse envers quiconque, il parlait
à tous avec une bienveillante simplicité. Mais, par-delà cette bienveillance, une autorité et une liberté transcendantes émanaient de lui. Cela se conçoit car, "
Il était, dit le docteur Lalande, tellement grand en connaissance, si libre, que nulle de nos mesures ne s'adaptaient à lui. Logique, morale, sentiment de la
famille, tout cela n'était pas pour lui ce que c'est pour nous, puisque la vie entière se présentait à lui avec le passé et l'avenir liés ensemble en un seul
tout spirituel, dont il savait la nature, l'essence, les raisons, les lois, dont il possédait les rouages... Et il donnait par ses bienfaits, cures morales et
physiques, actes de science ou de miracle (c'est-à-dire sur-science pour nous), des preuves que son enseignement était vrai ".
LES MALADIES
Leurs causes.
Pour connaître la cause des maladies, il faudrait se connaître soi-même, c'est-à-dire savoir d'où l'on vient, où
l'on est et où l'on va, ce que nous ignorons entièrement pour le moment. Ce n'est que bien plus tard, quand notre âme aura suffisamment travaillé, que nous
pourrons le savoir.
Les maladies ne sont pas des punitions. Dieu ne punit pas. Ce que nous appelons châtiment ou punition n'est qu'une
difficulté logiquement attachée à nos actes précédents.
Si notre âme n'était pas malade, notre corps ne le serait pas non plus.
Leur durée.
Une maladie peut durer plusieurs vies et n'être pas terminée à la mort de l'homme. Il faut que le mal soit changé en
bien.
Si un malade meurt sous le bistouri, il reviendra estropié. Le mal restera sous une forme latente.
(Jambe : coxalgie ; bras : trop court ou atrophié ; rein : il renaîtra bossu ou le deviendra, etc.). Mais, si l'on
demande au Ciel avant l'opération et que le malade meure quand même, il mourra guéri, c'est-à-dire qu'en revenant il n'aura plus cette maladie,
Quelquefois l'esprit peut demander que le corps ne guérisse pas, afin de souffrir encore.
L'hérédité.
Parfois dans une même famille tous les enfants sont atteints de la même maladie. C'est une façon de payer les
dettes. L'Évangile vous dit bien que les petits-enfants paieront les dettes des grands, parents jusqu'à la cinquième génération et quelquefois jusqu'à la
septième.
C'est une erreur de croire que les maladies sont héréditaires. Ce qui est héréditaire, c'est le mal moral commis par
un membre d'une famille, lequel est obligé de revenir payer sa dette ou expier sa faute. Mais il faut pour cela que les témoins de cette faute soient présents,
sinon le pardon même de cette faute serait sans valeur. Celui qui vient pour expier une faute obéit à une force irrésistible, rien ne pourrait l'en
empêcher.
La folie.
La plupart des cas de folie ne sont que des possessions. Je vous en donnerai une comparaison.
Supposez une maison que l'on vient de bâtir ; elle est vide en apparence, mais en réalité des esprits y font leur
demeure et, si vous y alliez une nuit vers minuit, vous vous en apercevriez peut-être.
Qu'un locataire vienne alors s'y installer un jour, si la maison pouvait parler elle dirait : " On change
continuellement ici; le précédent habitant était mieux " ; et que dirions-nous de la maison ? Qu’elle est folle. Le fou de même est sincère et dit ce qu'il
sait. Il pense, sent et voit successivement tout ce qu'il dit, mais il oublie aussitôt et passe à un autre sujet. Nous qui ne voyons rien nous appelons cela de
la folie.
L'exorcisme.
Celui qui veut exorciser un possédé, guérir un être possédé par de mauvais esprits en leur commandant de sortir est
semblable à un soldat qui dans une caserne voudrait commander à ses camarades.
S'il donnait un ordre, on commencerait par en rire ; s'il insistait, ceux de ses camarades à qui il commanderait
ainsi commenceraient à l'attaquer et lui feraient subir une brimade, tandis que si un officier donnait le même ordre, tout s'exécuterait immédiatement. Il en est
de même dans le monde des esprits.
La médecine divine.
Il n'y a que le Ciel qui puisse accorder du soulagement. Tout soulagement obtenu par un autre moyen que par le Ciel
se paiera soit par la maladie, soit par la souffrance, soit par la désorganisation.
Pour guérir les malades, il faut les connaître depuis plusieurs siècles, lire sur leur front et dans leur coeur et
pouvoir leur dire : " Allez, vos péchés vous sont remis". Pour cela il ne faut pas avoir peur de descendre comme font les racines d'un arbre, et vous aurez un
côté dans le Ciel et l'autre dans le tréfonds. La Vie, l'Amour et la Lumière étant en vous, vous saurez tout et vous pourrez agir comme bon vous
semblera.
C'est la plus simple et la plus difficile.
Je n'agis ni par magnétisme ni par passes.
Je passe devant vous, vous me dites ce que vous avez ; au moment où vous m'expliquez ce que vous ressentez il se
passe quelque chose de surnaturel en vous et, si mon âme entend vos paroles, vous êtes guéri sur-le-champ.
Si vous aviez la charité, vous obtiendriez le soulagement et la guérison de ceux qui souffrent.
Il n'y a qu'à demander à Dieu. Avec la confiance et la foi on soulèverait des montagnes. Ne l'avez-vous pas lu aussi
dans l'Évangile?
Pour soulager les malades il faut demander à Dieu le pardon de leurs fautes et, au même instant, l'âme se sent
réconfortée et le corps s'en trouve par la suite soulagé. Si l'on avait la foi, on se soulagerait tous les uns les autres.
Quand on demande pour un malade, le Ciel accorde en proportion de l'actif du malade et de la personne qui demande.
Le malade sera guéri ou soulagé, ou on lui donnera du courage pour supporter son mal.
Le Ciel ne saurait guérir sans laver, sans pardonner et effacer les fautes.
Les maladies peuvent se guérir pourvu que les malades le veuillent bien; mais souvent ils se refusent à reconnaître
qu'ils ont pu faire le mal et à demander pardon. Ils se croient purs, parfaits, sans reproche. Vous m'objecterez que ces mauvaises pensées leur sont inspirées
par ceux qui les entourent. Peu importe. S'ils avaient cherché à avoir de bonnes pensées, ils n'en recevraient pas de mauvaises.
L'âme qui possède la Lumière peut en s'approchant du malade le soulager, car le mal a horreur de la Lumière et fuit
alors, momentanément. Vous pouvez défendre au mal de revenir, c'est bien simple.
Il est inutile de chercher à savoir pourquoi un malade a telle ou telle maladie ; l'essentiel, c'est de marcher en
aimant son semblable, c'est tout ce que Dieu demande.
Une personne qui aurait confiance en Dieu pourrait dire à celle qui souffre : " Que ton bras, que ta jambe soient
guéris", et ils seraient guéris.
On peut se priver pour soulager quelqu'un, mais il faut le faire d'abord et non après que le Ciel a exaucé notre
demande.
Le véritable jeûne, c'est de se priver même du nécessaire pour donner à celui qui n'a pas.
Une chose très simple, de l'eau même, fera du bien au malade, si l'intention est de faire du bien.
L'oubli est une sorte de pardon, le plus facile.
Quand un de nos organes oublie son mal, c'est le commencement de toute guérison.
Soyez complètement désintéressés. Si vous êtes malade et que vous demandiez la guérison dans une prière, que ce ne
soit pas pour en retirer un profit ou une satisfaction personnelle, mais bien pour que d'autres que vous en profitent.
Si l'on est guéri d'une maladie quelconque, c'est que notre âme est dégagée, c'est une grande grâce qui est
accordée. Il faut se pénétrer que quelqu'un s'est chargé de ce fardeau.
Les médecines.
Lorsqu'un homme marche, il laisse à droite et à gauche un effluve magnétique, positif d'un côté, négatif de l'autre.
Chacun d'eux se dédouble aussi, attiré qu'il est par la terre, de sorte que la trace est marquée sur terre par deux lignes parallèles de fluides contraires.
C'est comme cela que le chien, par son flair, sent l'homme et suit sa trace ; c'est pour cela qu'il va de droite et de gauche reconnaître ces traces.
Le soulagement des maladies par le magnétisme naturel, par les fluides que chaque homme possède existe, et dès les
temps les plus anciens il a été connu.
Pour guérir les malades le magnétisme peut faire beaucoup de bien, mais il faut avoir les mains excessivement
propres pour le pratiquer.
Il faut que le magnétiseur sache ce que c'est que de souffrir corps et esprit ; c'est pourquoi il y a des personnes
qui ont tant de pouvoir magnétique.
Il y a un grand nombre de magnétiseurs et de spirites qui agissent en prenant consciemment ou non le mal d'une
personne pour le mettre chez une autre ; le mal est en effet intelligent comme vous et, en lui parlant, il vous entend. Quelques-uns le font par intérêt,
d'autres par ignorance. Mais ici, vous avez pu le voir, le mal est changé de nature en passant par nos mains. Et notre but était de faire des magnétiseurs qui
eussent les mains assez propres et la conscience pure pour que, en passant par leurs mains, le mal ne restât pas mal mais devînt bien.
Tous vous pouvez vous soulager, vous guérir même les uns les autres par le magnétisme sur les parties malades et en
demandant à Dieu. Mais, pour être exaucé, il ne faut pas avoir de rancune contre personne, aimer son prochain comme soi, même, et ne pas compter sur ses propres
forces qui ne sont rien, mais sur Dieu.
Lorsque vous n'aurez plus d'orgueil et que vous saurez que vous n'êtes rien, vous obtiendrez par le magnétisme
d'aussi bons résultats sur vous que sur les autres malades.
Il y a des cas où la médecine spirituelle ne saurait agir ; ce sont les cas où nulle oeuvre n'a été faite pour le
Ciel. Alors la médecine matérielle (homéopathie, allopathie) peut encore agir, car la matière cherche toujours à s'accroître et elle peut avoir mérité de le
faire.
Un médecin n'a le droit d'opérer quelqu'un chirurgicalement ou même de soigner médicalement que s'il obtient de lui
la promesse d'une amélioration morale quelconque. Sans cela le malade et le médecin sont coupables et responsables. Si, au contraire, il agit ainsi, il lui
suffit de soigner son malade et il guérit. Un médecin ne guérit jamais, il n'est que l'instrument de la guérison.
Il ne faut pas arrêter trop tôt la fièvre d'un malade parce qu'elle le nourrit et il peut demeurer ainsi longtemps
sans danger. En coupant la fièvre trop vite, on peut empêcher une maladie de se déclarer et de se développer; le malade peut mourir ou, souvent, un organe reste
atteint pour le reste de son existence.
La fièvre est dans le cliché un défenseur du malade. Autour du malade il y a trois combattants :
Le malade, les esprits de la fièvre, le médecin. Si le médecin est un médecin ordinaire qui remplit matériellement
sa fonction, les esprits ne le voient pas ou voient un serviteur, un ami du malade qui apporte de l'eau ou des bandes de toile ; ils n'y trouvent rien de mal. Si
au contraire le médecin conjure le mal de partir, ils le voient. Et alors deux cas peuvent se produire. Ou le médecin sera le plus fort et on lui obéira parce
qu'on aura reconnu son titre et sa puissance, ou il sera le plus faible et n'aura aucun titre à conjurer. Alors il arrivera ce qui arriverait à un cordonnier se
jetant sur un malade avec son tranchet et voulant chasser les médecins qui l'entourent : on l'arrêtera.
Un médicament, pour faire tous ses effets, doit être désiré et demandé par l'organe malade.
Les médecins croient qu'ils n'ont qu'à écrire toujours la même formule. Ils oublient que, en un siècle, saisons,
maladies, température, remèdes, vie terrestre, essences végétales changent, dans les bêtes et dans les plantes.
Rien n'est mort, tout est intelligent. C'est ce que ne savent pas les savants et ce qui les déroute. Ainsi un
inventeur découvre les propriétés d'un médicament. Il l'administre pendant cinq ou six mois et les malades sur lesquels il expérimente sont guéris.
Puis, au bout de ce temps, la vertu du remède s'éteint. Cela tient à ce que la Nature aime la simplicité et déteste
l'orgueil. La vertu a disparu au fur et à mesure de l'apparition de la cupidité du pharmacien ou du fabricant qui tirent sans permission du Ciel et pour leur
propre gloire ou leur propre satisfaction un profit déraisonnable du remède.
Les remèdes - Les plantes.
Les simples, les plantes, ont chacune leur action propre sur une maladie.
La plante qui doit guérir est au voisinage même de l'endroit d'où peut naître la maladie ou l'accident.
La Nature a toujours mis le remède à côté du mal.
Ainsi les plantes qui poussent sur les rochers escarpés sont propres à guérir des chutes et des
contusions.
Les plantes utiles médicalement sont, par ordre de puissance : le serpolet, l'absinthe, le genévrier, le houx dont
on peut tirer un médicament pour l'estomac, le gui qui peut fournir le meilleur anesthésique, et le muguet. Le muguet est un adoucissant.
Le houx pourra guérir les congestions aiguës, angines, raideur des membres, exostoses. C'est un puissant médicament.
De toutes les autres plantes le miel contient la quintessence. Le miel peut être employé dans toutes les angines, mais il ne faut pas le décomposer.
En général les plantes à odeur douce et suave, faible, sont plus actives. L'odeur, le parfum est en effet une vertu
de la plante qui ne demeure pas ; et, comme une plante ne peut pas tout avoir, si elle a un fort parfum, elle a peu d'action médicamenteuse.
La mousse contient en elle-même une puissance vivifiante. Mettez de la mousse dans l'eau, elle deviendra plus
active. Mettez-en dans une terre aride, cette terre deviendra capable, au bout de peu de temps, de nourrir de la vigne. La mousse est une véritable terre vierge.
Celle qui naît au pied des rochers est particulièrement active ; elle reçoit en effet la poussière de la roche à sa formation même, et permet la naissance de la
terre véritablement vierge.
Le tabac en applications, imbibé ou non d'alcool, est un remède contre les engorgements ganglionnaires
scrofuleux.
Les plantes rugueuses ont une action sur les maladies de la peau.
Les préparations des végétaux doivent se faire dans l'eau salée chaude (macération dans un bocal bouché). Les
portions végétales doivent être écrasées. Le sel (minéral) est en effet beaucoup plus désireux de se charger de principes végétaux et animaux que l'alcool qui,
actif par lui-même (il ne doit s'employer qu'extérieurement), est végétal d'origine.
Pour la préparation de l'huile de foin, le foin doit être mis dans une cornue, sec (séché au soleil sur un plan
incliné) et privé d'air. On distille alors à sec. Un long tube (20 mètres) aboutit à une caisse ou étuve dont on peut régler la température. Les fumigations sont
excellentes contre les maladies de peau. A défaut de cela, l'huile essentielle en applications.
Le meilleur mode de préparation d'une teinture est la suivante : la plante doit être cueillie fraîche, le soleil
étant levé; à peine rincée; la mettre à macérer vingt-quatre heures dans de l'eau froide distillée. L'eau doit être distillée parce qu'alors elle est privée de
sels et plus avide d'en recueillir.
L'eau de macération est mise de côté. La plante est alors traitée par l'eau distillée bouillante, en décoction.
L'eau de décoction est mise à part. Si l'on distille alors ces deux eaux et qu'on les mêle, on a la meilleure teinture de la plante ; toutes les huiles
essentielles ont été retirées et ont passé.
Filtrer une solution de corps végétaux ou animaux la vieillit, et elle s'altère beaucoup plus vite.
Pour obtenir du vin, puis de l'eau-de-vie sans danger pour la consommation, il suffit de récolter le raisin pendant
la nuit et de le laisser cuver, puis de le faire reposer à l'abri de toute lumière du jour ; ensuite le distiller sans lui laisser voir la lumière naturelle pour
en faire de l'eau-de-vie qui ne possède plus alors de principe nuisible et d'action nocive.
Quelques indications thérapeutiques.
Il y a trois médicamentations utiles : la purgation, le vermifuge, le sudorifique. Ce dernier seul peut guérir le
refroidissement.
l y a dans le sel en injections intraveineuses, en applications, en boisson, une grande vertu médicamenteuse. Le
sel, dans un corps infecté, neutralisera et entraînera les produits morbides, calmera la fièvre.
Avec de la charpie de toile, même neuve, mise en duvet et de l'huile à 500i, on fait une pommade précieuse contre
les écrouelles, scrofule.
Il faut chercher dans le lait l'acide lactique ; l'acide lactique est un acide faible parce qu'en lui se trouve
combiné un principe que la chimie n'a pas découvert et qui est un alcali. C'est cet alcali qui, une fois séparé, sera puissant contre les cancers et contre les
maladies de la peau. Il faudra essayer aussi cliniquement l'action de l'acide.
La vipère porte en elle le contrepoison de sa morsure : c'est sa graisse et son sang. Si l'on avait le courage de
déchirer cette vipère qui vous mord et de frotter avec sa graisse les plaies faites, l'intoxication ne se produirait pas.
Un jour viendra où on pourra guérir les malades en projetant des rayons lumineux de nuances différentes sur les
différentes parties du corps. Ainsi le vert est la nuance appropriée aux coliques hépatiques.
Lorsque le vaccin est ordonné par la loi, vous devez vous faire vacciner. Mais, si vous voulez faite vacciner votre
enfant de crainte qu'il ne prenne la variole, c'est un manque de confiance envers Dieu qui sait le préserver s'll le veut. Et, si votre enfant prend la variole,
c'est qu'il était marqué pour l'avoir.
Ne faut-il pas passer par toutes les souffrances pour comprendre celles de nos frères et y compatir ?
LA SOUMISSION
La soumission aux lois du Ciel est la pierre d'achoppement, c'est la porte d'entrée.
Dieu sait ce dont nous avons besoin. Le Ciel ne nous abandonne pas et, si le malheur nous accable, c'est que cela
est utile.
Le jardinier sait mieux ce qu'il faut à l'arbre que l'arbre lui-même.
Le Ciel nous protège et veille sans cesse sur nous.
Ce qu'il nous faut pour bien faire, c'est la soumission en tout.
Tous ceux qui ont apporté la parole de Dieu vous ont dit qu'Il est juste et bon ; ils vous ont défendu de juger ses
oeuvres ; et vous, lorsque vous serez justes, vous comprendrez que vous n'avez pas à juger ses oeuvres, car vous les trouverez justes.
Si vous êtes plus justes encore, vous vivrez par Lui et pour Lui.
A chaque adversité qui nous frappe, nous allons plus loin. Quelquefois nous disons : " Dieu n'est pas juste". Nous
commettons un grand crime, car nous jugeons Celui qui est la justice même, qui est notre Père, et la faute est à nous, nous sommes les seuls coupables. Seulement
notre grande indulgence pour nous nous empêche de voir que le tort vient de nous-mêmes, c'est pour cela que nous le mettons sur le compte du prochain ou de Dieu
même.
Quelquefois nous nous plaignons alors que nous sommes tranquilles. Combien y en a-t-il qui ne le sont pas, et
qu'avons-nous fait pour jouir même de ce moment de tranquillité ? N'est-il pas écrit : " Cherchez la tribulation « ? Et la terre, qui est tourmentée, tantôt
glacée, tantôt ayant faim ou soif, ne nous donne-t-elle pas l'exemple de ce qu'est la vie ?
Lequel d'entre vous serait capable de porter le fardeau d'un plus malheureux que soi ? Ne vous plaignez donc pas et
ne jugez pas les malheureux.
Il ne faut jamais se raidir contre le bien. Si vous voulez aller vers la Lumière, vers Celui qui vous a envoyés sur
la terre, il faut subir avec calme et résignation toutes les adversités, ennuis, tourments qu'Il envoie.
Vous avez des ennuis ; si vous pouviez comprendre ce que sont les ennuis, vous ne vous en plaindriez pas, ils
éclaircissent la vie.
Sourire dans les ennuis, c'est le commencement du chemin qui mène à la foi. Ne jamais manifester sa tristesse ; se
cacher pour pleurer, sourire au dehors.
Il est écrit dans l'Évangile : " Si vous jeûnez, ne le faites point voir afin qu'on ne dise pas : Voilà un homme qui
jeûne ". Ces paroles ont plusieurs sens : Si vous avez de l'ennui, ne le faites point voir ; si vous avez du chagrin, cachez-le, paraissez toujours
contents.
Lorsque vous avez une chose qui vous contrarie et que vous demandez à Dieu que la peine s'éloigne, vous ne faites
pas la volonté de Dieu. Il faut toujours se confier à Dieu qui pourvoira à vos besoins.
Faites la volonté de Dieu et, dans tous les mondes où vous irez, vous rencontrerez des gens de connaissance. Peu
importe la lutte, puisque vous aurez la victoire.
Souvent un désir ardent peut amener ce que l'on souhaite, mais c'est agir contre les lois du Ciel.
Il faut même ne rien désirer.
Les plus méritants sont ceux qui travaillent à faire la volonté de Dieu.
Nous n'aurons plus d'ennuis quand nous saurons nous soumettre à la volonté du Ciel. Pour se soumettre, il faut
n'être rien du tout.
LE BIEN
L'effort constant vers le bien.
Dieu nous demande de faire des efforts pour aimer notre prochain comme nous-mêmes, d'apaiser nos frères, de porter
le calme dans les familles où règne la discorde, en un mot de faire le bien.
Pour distinguer le bien du mal vous avez un point de repère sûr : il y a eu dix commandements écrits sur la pierre,
ce sont les dix commandements de Dieu. Il est vrai que les deux principaux sont d'aimer Dieu et d'aimer son prochain comme soi-même, mais les huit autres peuvent
nous servir de règle.
Croyez-moi, faites le bien et ne vous inquiétez pas d'autre chose ; prêchez d'exemple et ne faites à autrui que ce
que vous voudriez qu'on vous fasse.
Dieu rend au centuple le bien que vous aurez fait.
Faites le bien. Celui que vous jetez par la fenêtre revient par la porte.
Faites le bien, et vos ancêtres profiteront de ce que vous avez fait. Il ne faut jamais se raidir contre le bien si
vous voulez aller voir la lumière vers Celui qui vous a envoyés sur la terre.
Souvent on pense au bien à faire, mais on se donne le temps : Demain je ferai cela. Et pourquoi ?
N'avez-vous pas lu qu'il ne faut jamais remettre au lendemain ce que l'on peut faire le jour même ?
Il ne faut pas remettre au lendemain, car les êtres qui sont là pour nous aider peuvent être partis auprès
d'autres.
Ah ! Qu’on voudrait souvent partir pour se reposer !
Sachez que de l'autre côté il n'y a pas de repos.
Ici la matière se repose, l'esprit ne se repose jamais.
Ne cherchez pas le repos, cherchez la guerre ; cherchez les incrédules, les méchants, les malades, les ignorants, et
guérissez-les en donnant de vous-mêmes, malgré tout l'ennui et toute la gêne que cela vous causera. Si vous revenez de là appauvris, fatigués, épuisés, même
atteints de doute par leurs arguments, renfermez-vous dans votre chambre dans la solitude, et priez. La force avec la vigueur vous reviendront.
La persévérance victorieuse.
Ce n'est qu'en persévérant que l'on arrive au but.
Cela peut être long et difficile, mais le Ciel peut l'accorder parfois tout d'un coup.
Dieu donne à tous graduellement la lumière nécessaire pour franchir les obstacles, comme le maître d'école commence
par l'A B C pour instruire ses enfants. Mais, si vous ne pouvez ou ne voulez franchir les petits obstacles, comment franchirez-vous les grands ?
Si malgré la volonté et les efforts que nous faisons pour mieux faire, nous sommes attirés comme par un aimant vers
les mêmes sottises et les mêmes défauts, c'est que notre esprit et notre matière n'ont pas assez travaillé et par suite ne sont pas encore assez souples pour se
soumettre à la volonté et aux inspirations de l'âme. C'est pourquoi Dieu ne nous a pas marchandé le temps pour arriver insensiblement à la perfection.
Dieu ne nous supprimera les obstacles que lorsqu'ils ne nous arrêteront plus ; Il ne nous donnera la connaissance
que lorsque nous aurons acquis assez de force pour que cette connaissance anticipée des événements ne nous empêche pas de les rechercher et de les
provoquer.
La sagesse.
La sagesse n'est pas ce que pensent souvent votre voisin ou voire ami qui se plaignent que leur fils ou leur fille
se conduisent de telle ou telle façon.
La vraie sagesse consiste à s'efforcer toujours vers le bien en ne se vengeant pas, en ne jugeant pas, en aimant les
autres comme soi-même.
Cherchez la paix, vous trouverez l'adversité.
Cherchez l'or, vous trouverez la misère.
Cherchez la vie, vous trouverez la mort.
Le plus simple est de cultiver le champ de la charité : ne pas dire du mal d'autrui, savoir qu'on est ici par la
volonté de Dieu, voilà le nécessaire ; la foi augmente et dans le champ poussent toutes choses utiles à notre avancement.
Comme nous sommes soldats d'un maître juste et bon, nous n'avons pas besoin de nous inquiéter, ni même d'espérer. Il
suffit de marcher droit devant nous.
La transformation du mal en bien.
Si vous avez un frère qui va dans le mal, aimez-le, allez avec lui et, si vous succombez, tant pis, vous aurez la
récompense plus tard.
Comment progresserait le mal s'il n'allait chez personne ? Car le mal ne doit pas être détruit, mais transformé en bien. (30-7-1903)
Si on a des enfants, il ne faut pas leur dire de ne fréquenter que les bons. Ils doivent aller avec tout le monde
et, s'ils ont du bon en eux, ils ramèneront les plus mauvais au bien. S'ils ne vont pas avec les mauvais, comment d'autres meilleurs iront-ils avec eux qui sont
déjà bons ?
Des mauvaises plantes il en faut faire de bonnes.
Le mal existe pour nous donner les moyens de lutter, afin de devenir de bons soldats, et acquérir la force pour les
luttes futures, car tout n'est pas fini avec cette existence.
Les démons sont en nous et, au fur et à mesure que nous évoluons, ils changent et deviennent autres, quittant le
monde des démons. Un homme en retard est un démon. Finalement il s'améliore, et le démon qui était en lui disparaît, pour que lui soit plus grand. Il y a tant
d'êtres en nous !
S'il n'y avait pas un saint parmi les démons, les démons ne deviendraient pas saints.
Si nous voyons le démon, sous quelque forme que ce soit, ne jamais lui faire de ma. Au contraire 1 faut demander à
Dieu qu'il puisse s'améliorer.
Notre âme est une étincelle divine ; le démon ne peut vivre que par le pâle reflet de l'âme. Nous devons lui montrer
le bon exemple, afin que plus tard lui aussi soit meilleur, car comme nous il est enfant de Dieu.
Les esprits de ténèbres deviendront un jour esprits de lumière.
Le chemin de la perfection.
Pour la perfection il n'y a pas de dernier échelon puisqu'il n'y a ni commencement ni fin. Le premier échelon, c'est
de n'être pas vindicatif, mais vindicatif s'étend très loin.
Tant que vous ferez le bien avec effort, c'est mieux que faire mal ; mais, pour que ce soit le vrai bien, il ne faut
pas que vous vous aperceviez que vous le faites.
Il faut que nous fassions le bien naturellement.
Si nous faisons le bien et que notre âme éprouve un contentement, c'est que notre coeur n'est pas encore
bon.
Tu arriveras dans le Ciel lorsque la charité ne te coûtera pas, lorsque tu donneras ta force sans t'en apercevoir.
Mais commençons par nous tenir sur nos jambes avant de vouloir marcher.
Lorsque vous donnerez à votre frère le double de ce qu'il vous demande sans que cela vous coûte, vous pourrez dire
que le règne de Dieu est proche.
Ne croyez pas qu'on puisse changer du jour au lendemain. Pour que la bonté soit dans un homme, il faut que tout en
lui soit en harmonie, tout jusqu'aux cheveux. Il faut donc travailler et beaucoup jusqu'à ce que le pied devienne aussi bon que la tête, ou sans cela on ne
saurait entrer dans le Ciel.
Si une main commet un crime, elle arrête donc tout l'être et c'est pour cela qu'il vaut mieux couper son bras si on
a l'intention de mal faire, que céder.
Il faut toujours rechercher la peine la plus grande.
Il ne faut pas fuir le danger ; au contraire il faut être là où les difficultés sont grandes, de façon que, si
l'occasion s'en présente, on puisse agir et de sang-froid, par quelques mots seulement, parfois empêcher de grands malheurs d'arriver. (Février 1903)
A mesure que nous nous élevons, nous apprenons à aimer la souffrance, jusqu'à la réclamer comme un délassement. On
est au bout de ses peines lorsqu'on est heureux de ses peines.
Lorsque les adversités passeront sur nous sans laisser de trace, le Ciel ne nous éprouvera plus.
Quand un acte de vertu nous coûte, c'est signe que nous ne possédons pas encore cette vertu.
Ce n'est que lorsqu'elle sera devenue partie intégrante de nous-mêmes que son exercice sera sans effort et
spontané.
Être comme l'enfant qui vient de naître, c'est faire le bien sans effort, inconsciemment, ne voir de mal nulle
part.
Les " pauvres d'esprit "sont ceux qui ont tout appris, tout su et tout oublié, même qu'ils souffrent.
Tous les préceptes se résolvent en un seul : Nul n'entrera au Ciel qu'au jour où rien ne lui coûtera.
Tant qu'un acte à accomplir pourra lui occasionner quelque peine, il ne sera pas prêt.
Le détachement.
Vivre, regarder tout comme étranger et ne point voir d'étranger, tout recevoir.
S'attacher à la terre sans s'y attacher ; aimer les choses comme ne nous appartenant pas.
Tout ce qui nous semble si utile passera. Il n'y a que le bien qui se retrouvera un jour. Plus nous nous attachons
aux futilités qui nous entravent, plus nous aurons de peine pour nous en défaire et, si nous ne nous en détachons pas nous-mêmes, Dieu nous en détachera de force
et nous en aurons d'autant plus de peine.
LA PRIERE
Il y a à peu près deux mille ans Notre Seigneur Jésus-Christ a dit à ceux qui l'entouraient : " Veillez et priez ".
Aujourd'hui je vous dirai la même chose :
" Veillez et priez, le temps de la moisson est proche ".
(Pour expliquer 1 Thessaloniciens, V, 2) - Un pommier dans un verger a des pommes ; les unes sont plus mûres, les
autres vertes, les autres gâtées. Celles qui sont les plus mûres devraient rester et les mauvaises partir. Mais non ; les plus mûres (je veux dire les esprits
qui sont d'un sentiment plus religieux) se disent : Nous allons partir et laisser les autres. Puis survient un vent. Croyez-vous qu'il vienne par hasard ? Non.
Il était nécessaire.
Il fait tomber certaines pommes par terre. Enfin le propriétaire vient et que va-t-il ramasser ? Les pommes mûres,
car il est dit : Nul ne connaît son heure. Veillez et priez. Et cela doit être dit trois fois, parce qu'il faut veiller sur son âme, sur son esprit et sur son
corps.
Il est dit que le Christ viendra comme un larron.
Sur l'arbre toutes les pommes se croient bonnes ; mais les premières mûres se dévouent pour les autres parce
qu'elles sont de la famille du propriétaire.
Lorsque le noir cherche à s'emparer de vous, il faut faire des efforts pour le vaincre, car le noir n'est pas autre
chose que l'orgueil, la paresse et la méchanceté.
C'est l'orgueil ou la paresse, la grande indulgence que nous avons pour nous-mêmes qui nous empêchent de bien faire.
Nous ferions bien cela, mais on est las, on le fera demain. Pendant ce temps le mal prend possession de nos organes, il devient maître chez nous et chasse le
bien. C'est pourquoi Jésus a dit : Veillez et priez afin que le démon n'entre pas en vous.
Quand l'homme voit les obstacles se multiplier autour de lui, c'est qu'il est livré à lui seul. Mais qu'il prie et
il trouvera la force et la consolation dans la prière. Dieu n'abandonne jamais ses enfants, Il demande seulement que nous fassions des efforts pour devenir
meilleurs et même Il n'abandonne pas celui qui refuse de devenir meilleur.
Les prières des hommes sont entendues et dépassent la matière depuis que le Verbe s'est fait chair , car le Christ
est venu pour que nous puissions nous adresser au Père.
Prier, ce n'est pas prononcer beaucoup de mots, mais c'est s'abîmer tous les sens en Dieu. Il faut d'abord se
recueillir de façon que tout votre être, tout votre esprit prie avec vous et le sache bien.
Il faut que l'étincelle divine prie en nous.
On doit prier pour apprendre à prier. On apprend à un petit enfant sa prière ; quand il est devenu un vieillard, il
se souvient encore de cette prière que ses parents lui ont apprise à deux ou trois ans, et c'est peut-être la seule chose dont il se souviendra de son jeune âge.
Et cette prière, chaque fois que l'enfant la récitera, sera comptée à ses parents..
Le premier venu qui récite des Pater Noster est encore dans la voie, parce qu'il montre un geste d'humilité à la
matière, humilité nécessaire pour que notre prière soit entendue.
Il faut demander à Dieu d'abord ensuite à son ange gardien.
Ne pas s'adresser à un esprit, s'adresser à Dieu.
Priez Dieu. Peu vous importe si un ancien apôtre ou un saint qui se trouvera de l'autre côté vous aide à ce que
votre prière parvienne, vous n'avez pas à vous en occuper.
La prière seule ne peut nous sauver, mais elle donne prise à notre ange gardien pour nous conduire.
Il est nécessaire de prier souvent, avant le sommeil, au réveil, et enfin élever sans cesse notre âme vers
Dieu.
Plus on va, plus on est frêle et plus il faut prier, parce que les attaques de l'ennemi sont plus
nombreuses.
Il est utile de prier, non pour alléger ses peines, ses souffrances, mais pour demander la force, le courage. Notre
prière n'est pas toujours entendue, et c'est heureux, car, si Dieu entendait nos prières, elles l'offenseraient souvent. Mais il est utile de prier parce que
cela nous entretient en haleine.
Cesser de prier, c'est ne plus pouvoir prier un jour.
Prions du fond du coeur car il est en nous des êtres insatiables qui s'abreuvent de la prière.
Si du fond du coeur part une prière, des êtres l'entendent. C'est le soleil pour eux, pour tout l'organisme. Si une
mauvaise pensée nous empêche de prier, c'est un scandale pour ces êtres.
La prière élève l'âme et il faut prier non seulement pour nous, mais pour ceux qui ne peuvent pas prier, pour ceux
qui sont dans les ténèbres.
Il faut prier pour ceux qui ne savent pas ou ne peuvent le faire. Point n'est besoin de prier pour les morts ;
laissons-les où ils sont et restons où nous sommes. Je vous affirme qu'en demandant pour ceux qui ne peuvent le faire, en demandant de supporter leurs peines,
vous leur donnez alors l'exemple de supporter à leur tour celles de leurs frères. C'est le seul moyen d'entrer dans le Ciel.
L'oraison dominicale, qui nous vient du Ciel par le Fils, ne peut se prononcer sans que celui qui la dit du fond du
coeur soit uni d'intention avec Notre Seigneur. Elle a été donnée pour certains êtres, ceux à qui on parlait et pour les encourager.
Elle est encore la prière de la plupart, et cela parce qu'il y a autour des hommes des êtres que nous ne voyons pas,
qui sont là et que cette parole fait réfléchir. Ce sont ceux qui nous induisent en tentation. Au moment où nous prions et prononçons cette phrase, eux qui nous
tourmentaient comme nous nous taquinerions un enfant, se ressaisissent et se disent : " Pourquoi nous amuserions-nous à faire du mal à ce petit ? " Mais le
véritable soldat qui veut marcher de l'avant ne dit pas : " Ne nous induisez pas en tentation ".
Ces paroles en effet n'ont jamais été prononcées, mais celles-ci : " Ne nous laissez pas succomber à la tentation ".
Dieu ne peut être l'auteur de nos tentations, mais Il permet que Satan nous tente, afin que nous reconnaissions que nous ne sommes rien sans Lui. La tentation à
laquelle on résiste est notre meilleur moyen de travail.
La prière est inutile si elle est mal faite. Celui qui nous a mis sur la terre sait ce qu'il nous faut, et il ne
faut Lui demander secours que lorsque nous n'en pouvons plus, tandis que nous Lui demandons secours, toujours secours, lors même que nous ne manquons absolument
de rien.
Que faites-vous quand vous priez? Vous demandez de n'avoir pas de tribulations, d'avoir tout ce dont vous avez
besoin. Eh bien ! permettez-moi de vous dire que j'appelle ces prières de la paresse, et la paresse n'entre pas dans le Ciel. Ce que les gens désirent n'est pas
toujours ce qui leur est bon. On dit : Que votre volonté soit laite, mais on pense : d'abord la mienne.
En priant il ne faut demander l'allégement de ses souffrances que lorsque le fardeau qui nous est confié semble trop
lourd.
Si nous disons : " Mon Dieu, j'ai beaucoup d'ennuis, accordez-moi le calme et la tranquillité ", il nous sera donné
du courage, les peines seront un peu améliorées ; mais nous sommes obligés de passer par là parce que sur la terre le bonheur n'existe pas, il faut au contraire
lutter, lutter sans cesse afin de grandir.
C'est dans les grandes adversités où on se croit perdu que de grands secours nous arrivent ; il ne faut donc jamais
désespérer, mais lutter avec courage et résignation afin de surmonter les petits obstacles parce que de plus grands nous surviendront ; mais alors ils nous
seront moins pénibles en ce que nous aurons plus de lumière et partant beaucoup plus de force.
Ce qui lait que Dieu n'entend pas la prière de tous ceux qui prient, ce n'est pas qu'Il soit loin d'eux, mais c'est
qu'eux sont loin de Lui, car Il est partout.
Priez ; mais lorsque vous priez ayez bien soin de chasser loin de vous la rancune, et lorsque vous dites : "
Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons ", rentrez en vous-mêmes, n'en voulant à personne, car ceux que vous ne voyez pas mais qui sont chargés de
transmettre votre prière seraient scandalisés. Lavez-vous les mains avant de prier, non pas avec de l'eau et du savon, mais lavez-les de toutes les impuretés, et
alors votre prière sera exaucée ; et, si elle ne l'est complètement, Dieu qui sait ce qu'il nous faut, vous donnera autre chose en surplus.
Il est difficile de bien prier, c'est pourquoi on n'est pas toujours exaucé.
Pour être exaucé, il faut : Aimer ses parents.
Être l'esclave du Père, se soumettre à sa volonté.
Savoir que nous sommes tous enfants du Père, que nous ne sommes point nés de la chair ni de la volonté de l'homme,
mais que c'est Dieu qui nous a envoyés.
Aimer son prochain plus que soi-même.
Ne pas juger son frère.
Il faut aussi avoir soin d'améliorer en nous tout ce dont nous sommes capables de vomir sur nos frères. Seulement
alors le Ciel entendra notre voix.
Pour que Dieu puisse entendre ta prière, ne sois pas toi-même, ne sois pas orgueilleux, sois le serviteur des
serviteurs.
Si nous pensons quelquefois à ces paroles, bien que nous ne les mettions pas en pratique, à l'heure de la mort nous
verrons quelqu'un qui nous conduira et nous serons bien contents.
Si vous restiez seulement une demi-journée sans avoir de mauvaises pensées, de mauvaises paroles, sans parler des
absents, sans juger personne, la prière que vous feriez après serait entendue du Ciel. J'ai dit souvent : " Il vaut mieux ne pas prier que de prier mal ", car si
vous priez après avoir fait du mal à quelqu'un et que vous disiez : " J'aime mon prochain ", vous faites un mensonge et les mensonges sont formellement interdits
par la loi du Ciel. Mais priez, même ne seriez-vous pas entendus, si vous venez de vous emporter ou de commettre un autre péché, car par la prière vous améliorez
le mal que vous venez de faire. Toutes vos mauvaises pensées, toutes vos paroles inutiles seront autant d'obstacles que vous trouverez un jour sur la route du
Ciel.
Pour que la prière soit entendue, il faut qu'elle parte au fond du coeur. Pour cela il faut que nous ayons souffert,
car la souffrance élève l'âme. Il faut ne pas éviter la peine, se soumettre à la volonté de Celui qui nous envoie et aimer son prochain.
LA LUTTE POUR L'AVANCEMENT DE L'AME
La connaissance de soi-même.
Pour voir en soi-même, il faut attendre que nous ayons des yeux et que l'entendement vienne. Pour nous connaître,
voyons ce dont nous chargeons le prochain.
La responsabilité.
Chaque acte méritoire est, comme le reste, marqué sur notre front, et personne n'a le droit de nous juger puisque
Dieu même ne juge pas. C'est nous-mêmes qui nous jugerons.
Nous avons un gardien qui enregistre toutes nos pensées, toutes nos actions. Tout est inscrit et, au moment de la
mort, nous lisons tout ce que nous avons fait.
Nous sommes toujours responsables car nous devons toujours réfléchir avant d'accomplir un acte.
En nous la réflexion doit grandir comme la sagesse.
Lorsqu'un esprit est uni au corps, tous deux sont consentants aux actes commis par l'individu.
Lorsque vous retranchez quelque chose d'un corps, l'outil même qui vous a servi est responsable et puni comme te. Un
gamin qui, en passant, s'amuse avec sa canne à couper des fleurs, est non seulement répréhensible lui-même, mais sa canne passera en jugement. Il faut respecter
les oeuvres de Dieu.
Ainsi, un propriétaire dont le terrain serait ombragé par l'arbre d'un voisin, ne doit pas faire couper cet arbre,
car le soleil qui ne vient pas en cet endroit accomplit son oeuvre bienfaisante plus loin.
Le Ciel n'admet ni l'ignorance ni les circonstances atténuantes ; nous sommes livrés à nous-mêmes.
Si nous nous croyons forts, nous sommes traités comme tels ; on nous donne le travail d'un fort à faire. Si au
contraire nous sentons notre faiblesse, le Ciel a pitié de nous ; Il ne nous accable pas et même Il nous aide. Mais il faut que ce sentiment de faiblesse soit
bien dans le fond de notre coeur.
Quand une mauvaise action a été commise et non neutralisée immédiatement entre vivants, il ne se passe pas sept
générations avant que le coupable "e revienne dans une nouvelle incarnation annihiler son acte mauvais.
La bonne volonté.
Dans le monde, celui qui vient après l'heure n'a tien. Dieu tient compte de la bonne volonté, et c'est pourquoi il
donne au dernier comme au premier puisqu'il est impartial.
L'intention.
Les intentions seules comptent ; celui qui donne pour être ou félicité a déjà reçu sa récompense.
Le bien peut devenir le mal dans le sens réel ; mais il peut quelquefois, dans les faits matériels, avoir
l'apparence du mal.
C'est 1'intention qui fait le mal ou le bien. Ne vous appesantissez pas là-dessus, vous seriez responsables
davantage.
Si vous faites le mal en croyant bien faire, vous êtes jugés moins sévèrement que si vous faites le mal en le
sachant.
Si quelquefois je vous fais un reproche devant quelques personnes, soyez persuadés qu'au moment du jugement, car
personne n'a encore été jugé, il ne vous sera pas renouvelé.
La tentation.
Ne pas fuir les tentations, sinon elles s'accumulent dans un lieu donné et nous accablent un jour d'autant plus que
nous ne nous sommes pas exercés à les repousser.
La tentation se présente trois fois. Nous pouvons résister une première fois ; elle se représente ensuite, puis une
troisième fois, plus forte que les deux premières, et si nous résistons cette dernière fois, elle ne se représentera plus, c'est fini.
Nous ne sommes éprouvés que selon nos forces, c'est-à-dire selon ce que nous pouvons supporter.
Le démon se sert de tous les moyens pour nous garder chez lui, c'est-à-dire dans sa demeure. Il se sert des êtres
invisibles comme des êtres visibles.
Si quelqu'un vient nous trouver, quelquefois sans savoir pourquoi, nous lui racontons nos peines et cette personne
nous donne un moyen pour nous délivrer de nos ennuis en faisant du tort à notre frère ou même à notre ennemi. Cette personne nous donne un mauvais conseil, elle
est dans la demeure du démon ; c'est lui qui l'a envoyée pour nous tenter.
Chaque être a, pour le tenter, un être proportionné à son degré d'avancement et, quand on est très cuirassé, il
vient un démon pour nous dire : "Voyons un peu tous les deux, fais tel miracle ! "
Et vous répondez : " Non, je ne puis pas le faite ".
Parce que, quelle que soit la force que vous ayez, vous ne devez rien faire pour les curieux. Alors il vous répond :
" Eh bien ! moi, je te donnerai de quoi le faire si tu veux ". Et il vous prouve qu'il peut le faire. Voilà la grande tentation qui va grandissant et à laquelle
il faut résister.
Le Ciel ne vous tiendra pas compte des tentations ; vous serez jugés sur vos paroles, vos actes, vos
intentions.
Les jugements humains.
Les chemins tracés par la Nature sont nombreux et variés ; ils doivent être tous suivis par des êtres différents,
les rôles ingrats comme les beaux. Ne jugez donc personne.
Si la créature n'est pas parfaite, c'est donc que Dieu l'a voulu ainsi. Il a été dit : " Tu ne jugeras point le
Seigneur ton Maître ". Juger la créature, c'est juger le Seigneur.
Nous ne nous connaissons pas nous-mêmes, comment voudrions-nous juger les actes ?
Il faut se connaître soi-même avant de chercher à connaître les autres. Quand on se connaît, on n'a plus envie de
juger les autres.
Nous n'avons pas le droit de traiter quelqu'un de fou.
Si vous ne jugez pas autrui, vous ne vous exposez pas à faire comme lui. Si un jeune homme fait un faux pas et vient
vous demander secours et si vous le jugez et lui refusez, il faudra qu'il soit commis la même faute par vos petits-enfants. Mais si, tout en conservant votre
pensée intime de le juger mal, vous n'en faites pas cas et le secourez comme un autre de vos frères, il vous en sera tenu compte comme si vous soulagiez ce frère
sans le juger.
Nous demandons à grandir et si, en grandissant, .nous ne faisons pas des efforts pour chasser le mal qui est en
nous, il grandit aussi et c'est pour cela que, si nous voyons un grand coupable et nous disons ; " C'est un grand coupable ", nous le jugeons et nous n'irons
dans le Ciel que lorsque nous aurons passé par là, que l'on aura dit la même chose de nous, Il mérite la pitié plutôt que le blâme.
La médisance.
Il ne faut pas médire, c'est offenser Dieu, car le prochain a en lui, comme nous, une étincelle de Dieu ; au
contraire, il faut faire son possible pour ramener dans le droit chemin ceux qui sont en retard.
Quelquefois, lorsqu'on est près de certaines personnes, on sent quelque chose qui nous entoure, nous gêne et nous
oppresse ; cela tient souvent à ce que ces personnes viennent de dire du mal de leur prochain ou d'en laisser dire devant elles sans prendre sa défense, d'où le
sentiment de malaise.
Il ne faut jamais jeter la pierre à personne pour quelque motif que ce soit.
Celui qui jette une pierre au prochain se la jette à lui-même.
Il vaudrait mieux prendre un poignard que de se servir de la langue pour faire du mal.
Nous ne pouvons dire du mal que si la personne est présente ; mais, comme nous ne sommes pas assez courageux, nous
ne le ferons pas.
Les mots partent vers ceux auxquels ils se rapportent et vont agir sur eux. Le verbe humain a ainsi une grande
puissance. Mais, en même temps, la vie des mots tend à revenir vers celui qui les a émis et vers qui elle est attirée. Ainsi un mot dit de quelqu'un agit sur lui
et vous crée un lien avec lui.
Cela montre comment le concours de deux personnes et des intermédiaires et témoins est nécessaire pour réparer le
mal qui a été fait.
Quand on dit par exemple qu'un homme est avare, on met le pied sur son chemin.
Tous les êtres sont plus ou moins intelligents ; une personne qui comprend mal, parle mal des autres, elle est
semblable à un demi sourd.
On nous rendra tout ce que nous faisons, cheveu pour cheveu. Si vous pensez mal de votre prochain, vous vous créez
un obstacle, et, si vous exprimez vos pensées à quelqu'un, vous ne ferez qu'agrandir l'obstacle.
Soyez un puits pour les fautes d'autrui.
Commencez petit à petit à ne pas parler des absents ; il viendra un moment où vous n'en aurez plus l'occasion et où
vous ne jugerez plus personne, car vous saurez que c'est un péché.
En vérité je vous dis : " Si vous faites des efforts pour ne pas dire du mal de votre frère, le Ciel ne vous
refusera rien ".
L'indulgence.
L'indulgence est un don que Dieu a fait à l'âme.
C'est une arme pour combattre ; mais nous nous en servons contre nous-mêmes puisque nous ne sommes indulgents que
pour nous.
Si nous comprenions bien que celui qui ne porte pas notre nom est notre frère, nous serions moins méchants et plus
indulgents pour lui.
L'indulgence est un sentiment qui ne se partage pas. Si on l'a pour soi, on ne peut pas l'avoir pour les autres. Il
faut être plein d'indulgence pour les fautes des autres et pas du tout pour soi.
C'est pour cela que l'Évangile nous dit : Vous voyez une paille dans l'oeil de votre frère et vous ne voyez pas une
poutre dans votre oeil. Celui qui traite d'imbécile son frère est imbécile lui-même, car, s'il n'était pas imbécile, comment saurait-il son frère est un imbécile
? Il ne faut jamais juger si nous ne voulons pas être jugés ; celui qui juge sera jugé.
Si quelqu'un dit du mal de vous et si vous allez vous plaindre à un ami, vous prouvez par là que vous auriez fait
absolument la même chose, seulement il vous manquait l'occasion.
Si un ami vient vous dire que votre voisin a dit du mal de vous, au lieu de lui demander : " Ah ! qu'a-t-il dit ?",
ce qui est mal, très mal, répondez à cette personne : " Eh bien ! dites-lui de venir le répéter devant vous ",
L'attachement aux biens terrestres.
Quand le Père nous a envoyés ici, Il a mis en nous l'envie d'acquérir ; c'est de là que viennent les sept péchés
capitaux.
Nous sommes dans l'illusion que quelque chose est à nous, alors que rien ne nous appartient.
Tout appartient à Dieu. Pourquoi donc retenir quoi que ce soit pour nous ?
Personne n'est propriétaire de rien ; au reste la matière par elle-même n'existe pas. On n'est même pas propriétaire
de ses vêtements. Tout nous a été prêté.
Vous prenez la richesse pour un grand bien et souvent Dieu ne l'envoie que comme épreuve.
Il est écrit que les riches entreront plus difficilement au Ciel qu'un chameau ne pourrait passer par le trou d'une
aiguille. Cela est vrai ; mais il faut bien comprendre riche dans le sens d'avare, d'homme qui aime l'or, Car il est écrit aussi : " Le coeur reste là où il est
attaché ; celui qui a un dieu qui est l'or ne va pas dans le royaume de Dieu ".
Celui qui lait de l'or son dieu et s'agenouille devant son coffre-fort commet une infraction au commandement de l'Ancien Testament : Tu n'adoreras qu'un seul
Dieu. Car ce commandement ne se rapporte pas aux idoles ni à l'adoration des divinités païennes ; il signifie qu'on ne peut pas aimer Dieu et l'or à la lois. Là
où est votre coeur vous resterez attaché.
L'ÉVANGILE nous dit : N'attachez pas votre coeur à la terre. Voici une petite comparaison qui peut s'appliquer à tout : Un riche propriétaire a des terres
immenses, il a plusieurs fermiers. Il va chez celui qui a le plus grand fermage et qui donne très peu au propriétaire. Il en a d'autres qui ont beaucoup moins de
terrain et qui donnent presque autant. Chez le premier, le propriétaire se trouvant seul et voyant de belles poires, dit : " Je suis seul, je vais en prendre
une". Il la prend et la mange.
Depuis ce moment son coeur est attaché à la terre, puisqu'il s'est caché pour prendre cette poire.
" Heureux les débonnaires ". N'enfouissez pas vos richesses dans des coffres, mais servez-vous-en pour faire vivre
des hommes, des enfants et, si vous le pouvez, des animaux : chiens, chats, oiseaux.
Lorsque nos parents nous laissent à leur mort la jouissance d'une fortune, nous pouvons en disposer pour en faire
profiter nos héritiers. Cependant nous ne devons pas frustrer la pieuvre (fisc) et si, par exemple, nous donnons de la main à la main, nous frustrons la pieuvre.
Ceux qui tiennent leur fortune d'une autre famille doivent, à leur mort, en faire profiter une autre famille.
Vous avez vu dans l'Écriture ces paroles : " Que celui qui m'aime quitte son père, sa mère, ses soeurs, et le mari
sa femme pour me suivre". Avez-vous compris ce que cela voulait dire ? Non pas de se réfugier dans des couvents pour y passer sa vie (ce n'est pas que je veuille
dire du mal des couvents, ils existent, il faut les respecter), mais par exemple :
Un père meurt et laisse son patrimoine à partager entre deux frères ; vite chacun en voudra la moitié.
Eh bien ! s'il plaît à l'un d'avoir plus que sa part, il faut que l'autre le lui donne, et encore davantage, jusqu'à
ce qu'il n'ait plus rien. Bien sûr, sa famille le traitera d'insensé, plus tard ses enfants le maudiront de les avoir dépouillés ; cela ne fait rien, c'est ainsi
qu'il peut me suivre en quittant les siens, et, comme tout se retrouve, les biens donnés seront rendus aux enfants de celui qui en aura disposé.
J'ai très faim, voici un être qui n'a pas faim mais qui a envie de mon repas ; je dois le lui donner ; il ne m'en
sera pas reconnaissant, mais qu’importe ?
Ce sera un exemple pour cette âme; et encore comment cette âme pourrait-elle être ingrate puisqu'elle est un rayon
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